10/15/2006
Aux magistrats
Pour tenter de changer, explique-t-il, un système judiciaire faisant eau de partout ’, Eric de Montgolfier a écrit un livre de 353 pages qui sera publié le 12 octobre aux éditions Michel Lafon. Admiré par les uns et haï par d’autres, le bouillant procureur de Nice n’a jamais ménagé ses critiques envers une institution préférant laver en interne son linge sale. Il ne lève apparemment pas le pied dans un ouvrage intitulé Le devoir de déplaire ’ et dont nous n’avons pas encore pu prendre connaissance.
Il me semblait important de ressouligner ses propos :
"Un brûlot ? j'admet avoir parfois retenu ma plume et omis de citer des noms qui "de toute manière se reconnaîtront ".
Caustique, comme je le suis habituellement. Pour autant, ce n’est pas un Livre règlement de comptes, ni un déballage de dossiers.
Le livre dénonce.
La justice et ses dérives.
Les coulisses des affaires. Ce qui n’émerge pas peut expliquer beaucoup de choses. Dans le dossier de l’école de danse de Grasse, j’évoque le fameux « blanc » des RG incriminant un élu national.
Le chapitre consacré à mon arrivée s’appelle « les cadeaux sous les palmiers ». L’appartement que l’on m’a proposé, gratuit à l’exception de l’eau et de l’électricité. La liste de dossiers suspects que j’étais chargé de réviser alors qu’ils étaient définitivement refermés, comme le golf de Nice.
ma citation fréquente :
Jacques Peyrat, vous savez celui qui prétendait avoir obtenu mon départ, te doyen Renard bien sûr, le sénateur José Balarello...
J’évoque le rapport de L’inspection générale des services judiciaires (N.D.L.R. : assassin à son encontre) rendu public après mon refus d’être muté à Versailles et alors que j’avais en charge les dossiers ViaLatte et Hallyday particulièrement sensibles. Il a paru le jour où Dominique Perben annonçait sa candidature à la mairie de Lyon, ville où se tenait un important congrès maçonnique. Simple coïncidence ?
Pourquoi sortir le livre aujourd’hui ?
Fallait-il attendre ma mort ? Plus sérieusement, cela faisait treize ans que L’on me demandait de l’écrire et que je résistais aux assauts des éditeurs. Durant l’été 2005, j’ai disposé de temps mis à profit pour avancer un ouvrage réalisé, par petits bouts, en dix-huit mois.
Chancellerie
J’agace une partie du corps depuis si longtemps (soupir). Et j’ai déjà été écarté de plusieurs postes. Sous la présidence Mitterrand, j’ai raté la direction des affaires criminelles parce que j’ai refusé de me compromettre dans une future cohabitation. Sauras-tu, m’avait-on demandé, renseigner un président bientôt mis à l’écart par un gouvernement de droite...
Si on me laisse à Nice, j’y resterai sans amertume. Je n’ai pas d’aspirations particulières. Même si à 60 ans, je peux encore faire sept ans dans la magistrature.
Et les retombées financières du « devoir de déplaire » ?
Je ne l’ai pas écrit pour m’enrichir. Mais si tel est le cas, tant mieux. Je toucherai sans déplaisir le fruit de mon travail. A titre d’à-valoir, j’ai perçu 80000 euros.
Eric de Montgolfier"
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